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Un chevalier breton revenant de croisade rapportait de la Terre sainte un morceau de la Vraie Croix.

Il rentrait, heureux d'enrichir son pays d'un si rare trésor, voyant déjà la relique précieusement enchassée offerte à la vénération des fidèles et l'éclat en rejaillir sur lui et sa famille.

Un soir il s'endormit ici-même. Dès son réveil, il voulut comme chaque jour, baiser la relique qu'il portait suspendue sur sa poitrine. Hélas, elle avait disparu, depuis peu sans doute puisque, la veille encore, il avait fait sa prière devant elle.

Il fallait donc qu'il l'eut perdue en route. Il rebroussa chemin, interrogea, chercha mais en vain.

Le pauvre pèlerin reprit sa route, tout désolé et demandant à Dieu quelle faute il avait pu commettre pour être privé d'un bien qu'il estimait plus que toutes les richesses du monde.

La nuit suivante une vive lumière rayonna d'un nid de pie placé au sommet d'une aubépine auprès de laquelle le croisé avait dormi la veille.

Un enfant grimpa dans l'arbrisseau et trouva dans le nid le fragment de la Vraie Croix.

Pour l'abriter une chapelle fut bâtie à proximité.

On lui donna, à l'image du reliquaire qu'elle devait contenir, la forme d'une croix à deux branches. (Cette chapelle dite du temple est aujourd'hui l'église paroissiale).

Le saint fragment y fut solennellement déposé.

Dès le lendemain, il avait disparu. Mais l'aubépine rayonnait d'une mystérieuse clarté. La relique s'y trouvait à nouveau.

A ce signe, il reconnut que Dieu souhaitait que cette relique fut honorée à l'emplacement même de l'aubépine et à la hauteur précise du nid de pie.

On construisit donc à cet emplacement une chapelle en élévation.

Depuis lors, là est vénérée la relique de la Vraie Croix.